• Confinement

    ConfinementNous avons bien rigolé, et rigolerons certainement encore, tant que Dieu nous prêtera vie, car c'est probablement ce qu'il y a de mieux à faire. Il peut cependant n'être pas inutile d'envisager aussi, à titre exceptionnel (et dans les conditions prévues par le décret machin) la situation avec un peu de sérieux. Essayons.

    1) Préliminaire: il est clair que ce n'est pas le moment de jouer au cosaque. Il faut évidemment faire ce qu'on nous ordonne (enfin), pour l'essentiel parce que c'est manifestement raisonnable et probablement, au point où on nous a menés, nécessaire, pour l'accessoire, qui est parfaitement crétin (j'y viendrai) pour éviter de devoir contribuer au renflouement des banques en payant des amendes monstrueuses.

    Mais ça ne doit pas empêcher de réfléchir, pour le présent, pour comprendre ce qui nous arrive, pour l'avenir, dans l'espoir qu'on en tire (enfin aussi) les conclusions qui auraient dues être tirées depuis longtemps.

    2) Il y a une aberration, le contraste absolu, alors que la situation sanitaire évolue de façon continue, et qui était largement prévisible ne serait ce que par l'exemple italien, entre le discours rassurant tenu jusqu'à il y a quelques jours de tous lieux officiels et officieux, et les mesures radicales qu'on nous impose aujourd'hui, accompagnées d'un discours délibérément panicard.

    ConfinementOn nous présente comme une évidence un "confinement" presque total, décidé du jour au lendemain, après avoir dénoncé fièrement les méchants Chinois antidémocrates parce qu'ils faisaient de telles choses, puis brocardé méchamment ces imbéciles d'Italiens qui faisaient n'importe quoi comme les bêtes latins qu'ils étaient.

    Et, bien sûr, on ajoute que c'est de notre faute à nous, méchants irresponsables qui n'avons pas su obéir aux consignes que personne ne nous avait données, comme naguère ceux qui avaient décrété que les Ardennes étaient une montagne infranchissable disaient à nos pères que c'était à cause de leur esprit de jouissance que les Panzers les avaient passées.

    Dimanche, ils ont maintenu les élections municipales, et usé, à coups de grandes valeurs démocratiques, de nos anciens qui sont morts pour que nous ayons le droit de voter, de culpabilisation et d'intimidation (avec un succès partiel, mais significatif) contre qui envisageait de s'abstenir. Et après tout ce n'était pas plus dangereux que d'aller faire ses courses.

    3) Il n'avait jamais été question auparavant de confinement, même pour les zones les plus touchées. Ça aurait probablement ralenti la diffusion du virus. Ça aurait en tout cas permis une expérience partielle (ce qui, sauf erreur de ma part, a été fait en Italie) plutôt qu'un passage soudain du rien au tout, par laquelle on aurait pu étudier puis montrer la possibilité du confinement total, tirer aussi des conclusions pratiques qui auraient évité des sottises (j'ai dit que j'y viendrai). On a considéré que nommer ces zones d'un horrible nom anglais suffisait à terrasser le virus et empêcher sa diffusion. Le plus énorme est que, même là, on n'ait jamais envisagé d'annuler les élections municipales, et qu'elle s'y soient tenues comme ailleurs.

    J'ai déjà observé hier que c'était un effet du gouvernement par les pitres, pour qui tout n'est que posture, et n'avaient, dans un tel cas, que deux postures à leur disposition, la parfaite sérénité et la panique totale, et sont donc passés sans transition de l'une à l'autre. Ce passage ne semble pas avoir été cependant spontané.

    4) Il paraît clair en effet qu'il y a eu, après la monstruosité du maintien des municipales, une sorte de putsch (je ne pense pas que le mot soit trop fort), qu'on sentait venir dans les déclarations de la soirée finalement non électorale (ou très peu), contre ce qui tient lieu de gouvernement, par des médecins-technocrates aux idées clairement, dans ce contexte, liberticides. C'était certainement ce qui pouvait arriver de mieux.

    Malheureusement, les princes qui ne nous gouvernent plus depuis longtemps s'obstinent encore à faire semblant, et s'ils ont accepté de signer des décrets écrits, pour une fois, par des gens déterminés à faire ce qui était utile, ont tenu à venir en causer dans le poste. Il n'est pas certain qu'ils aient tout compris à ce qu'on leur a fait signer. Ils sont, en tout cas, incapables de l'assumer. D'où la trottinette de Sibeth, le jogging de Macron, l'attestation sur l'honneur qu'on a envie de prendre l'air de Castaner. Et donc un discours panicard "Nous sommes en guerre, nous risquons de tous mourir si je ne sauve pas la situation parce que vous avez fait n'importe quoi" conclu à peu près part "et donc, vous faites ce que vous voulez, mais de façon rrrrresponsable, hein !".

    Ça risque quand même de poser un problème de droit: en cas d'infraction supposée, la référence sera-t-elle la parole publique des guignols qui nous envoient faire de la trottinette, ou les petits caractères qu'on trouve sur les sites web officiels des décrets qui sont censés être les leurs ? (Les champions du droit formel diront bien sûr que la réponse est évidente et qu'il n'y a aucun problème. On sait que ces gens là sont plus dangereux que n'importe quel virus)

    5) Il semble (on nous dit tant de choses contradictoires qu'il faut rester prudent) que le moyen le plus efficace, ou le moins inefficace (ce qui est en logique la même chose), de se protéger du virus, tant qu'on n'est pas contaminé, d'en protéger les autres, si on l'est, soit le port d'un masque.

    Il n'est pas question aujourd'hui de l'imposer, ni même de le proposer. La raison invoquée est simple "Y en a pas", etConfinement on réserve les quelques-uns disponibles aux médecins et infirmiers, pour lesquels ils sont déjà, d'après leurs témoignages, en nombre insuffisant.

    C'est ennuyeux.

    Il est regrettable qu'on n'ait pas profité du délai entre la déclaration de l'épidémie en Chine et son arrivée en France pour s'en munir. Il y a quelques semaines, Agnès Buzyn disait que ça ne servait à rien (Nous apprenons aujourd'hui que disant ça le jour, elle pleurait dans son lit toutes les nuits. Ça ne nous console pas).

    Il serait encore plus regrettable qu'on ne fasse aucun effort pour rattraper ce retard, quand il est certain que le confinement devra durer plusieurs semaines.

    Il est vrai qu'il doit être difficile d'en trouver à acheter à l'étranger dans le contexte actuel. Il serait navrant qu'il soit impossible d'en fabriquer rapidement sur la terre de France. Si c'était le cas, ça renverrait à un problème plus ancien, mais dont les coupables sont incontestablement les mêmes.

    Souci annexe: les rares fois où on a consenti à nous parler de masques, c'était pour nous dire que seul le modèle QDZCG56GXW (ou quelque chose comme ça) arrêtait le virus (mais "y en a pas") et que tous les autres étaient inutiles. C'est un peu surprenant. Dans la mesure où on parle de limiter les risques, il semble que porter un masque même moins efficace que le modèle magique pourrait y contribuer, serait mieux que n'en point porter du tout. Ça n'a jamais été envisagé. Est-ce parce que "Y en a pas" non plus ?

    6) L’énorme bêtise, bête au point d’être odieuse, qui est soit le signe que les pitres qui ne nous gouvernent pas continuent à nuire, soit, plus probablement, que les médecins-technocrates peuvent fort bien, dès qu’il ne s’agit plus de médecine à proprement parler, être des pitres aussi bien que les précédents, est bien sûr le coup de l’attestation sur l’honneur. Ce sera le sujet du prochain article, si Dieu me prête vie et persévérance.

    Bellegarde, 17-18 mars 2020.

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